Michael Ignatieff n’est pas en faveur de l’interdiction de la burqa

Michael Ignatieff n’est pas en faveur de l’interdiction de la burqa

majuryfinalDiana Majury of the Department of Law participates in a roundtable hosted by the Federal Liberals on 40th anniversary of the release of the report of the  Royal Commission on the Status of Women.

Byline: FANNIE OLIVIER
Publication: La Presse Canadienne
Date: Wednesday January 27th, 2010

OTTAWA _ Le chef libéral Michael Ignatieff ne croit pas que le Canada devrait imiter la France et envisager l’interdiction du port de la burqa.

A l’occasion du 40e anniversaire du rapport de la Commission royale d’enquête sur la situation des femmes au pays, les
libéraux fédéraux ont tenu une table ronde pour faire le bilan des pas qu’il reste à franchir pour garantir l’égalité des sexes.

L’interdiction de la burqa ne semble cependant pas un moyen d’y parvenir, pour le chef du Parti libéral du Canada (PLC).

“Nous sommes un parti qui croit profondément dans la liberté de la religion et la liberté de la croyance”, a noté M. Ignatieff.

La burqa est un vêtement islamique très répandu en Afghanistan, qui couvre l’ensemble du corps, ne laissant qu’un voile qui permet au femmes de voir sans toutefois être vues.

Le Muslim Canadian Congress demande au gouvernement du Canada de suivre l’exemple de la France qui songe à l’interdiction du port de la burqa en public, mais l’idée n’est pas chaudement accueillie par le gouvernement de Stephen Harper.

Une porte-parole du ministre de la Justice, Rob Nicholson, a indiqué qu’il n’était pas dans l’intention du gouvernement de mettre de l’avant un projet de loi en ce sens.

“Nous n’envisageons pas de changement du code criminel à cet égard, c’est très clair”, a souligné Pamela Stephens.

“Nous vivons dans une démocratie ouverte et les individus sont libres de prendre leurs propres décisions quant à leur habillement”, a-t-elle conclu.

M. Ignatieff a pour sa part indiqué mercredi qu’il fallait respecter les femmes musulmanes dans leur choix de porter ou non la burqa.  “Je crois que nous allons prendre note de ce qu’ils ont décidé en France, bien sûr. Mais nous sommes un pays différent, avec des différentes traditions”, a-t-il souligné.

Mardi, une mission parlementaire en France a demandé à ce que soit prohibé le “voile intégral” dans les lieux publics.

Les parlementaires français jugent la burqa contraire aux valeurs républicaines, affirmant que son port heurte la société française dans son ensemble.

M. Ignatieff croit que c’est malgré tout le rôle de la société de s’assurer que les femmes désireuses de se débarrasser de leur voile puissent le faire sans crainte.

“Une société libre doit appuyer les femmes musulmanes dans leur choix religieux et leur choix social. Si elles veulent s’échapper de l’emprise de leur foi, une société libre doit les aider”, a-t-il nuancé.

La députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce/Lachine, Marlene Jennings, partage elle aussi l’opinion de son chef sur le port de la burqa, insistant sur le fait que la Charte canadiennes des droits et libertés protège la liberté religieuse, et que dans le passé, la Cour suprême du Canada a fréquemment rendu des jugements interdisant la limitation d’une telle liberté.

Sur un autre front, le chef libéral a par ailleurs promis qu’un gouvernement libéral rétablirait les fonds destinés aux groupes
de défense des droits des femmes, dont les budgets ont été amputés avec l’arrivée des conservateurs à Ottawa.

Les panelistes participant à la table ronde ont toutes dénoncé le ralentissement des progrès pour l’égalité entre les sexes ces dernières années au Canada.

Diane Majury, professeure de droit de l’Université Carleton, a dénoncé les problèmes d’accessibilité à l’avortement pour
les femmes issues de milieux défavorisés, alors que la présidente de l’Assocition des femmes autochtones, Ellen Gabriel, a déploré les conditions de vie et le peu d’espoir à l’égard de l’avenir auquel le groupe qu’elle représente peut s’accrocher.

“Il est évident que (Stephen) Harper a déclaré la guerre aux femmes” malgré ses récents engagements sur la scène internationale, a laissé tomber la féministe Wendy Robbins, qui a joint les rangs du PLC.

Mardi, le gouvernement conservateur a annoncé qu’à titre de président du G8 en 2010, le Canada aura comme priorité d’améliorer la santé maternelle et infantile dans les régions les plus pauvres de la planète.

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